Musée de l’Homme … ou plutôt … de l’Humanité !

Après 6 ans de travaux, le Musée de l’Homme a rouvert ses portes en octobre 2015. Après presque deux mois de dilemme, à cause de son nom, j’ai réussi à calmer ma révolte intérieure pour aller le visiter. Oui, parce qu’on pouvait tout de même se dire qu’avec tout ce temps d’attente, de rénovation, de réflexions et de réaménagements, le nom de ce musée aurait pu, lui aussi, être modifié pour lui  préférer un « Musée de l’Humanité » plutôt qu’un musée de l’Homme rendant, même avec la majuscule, la moitié de cette Humanité invisible. Il reste difficile pour moi de l’appeler musée de l’Homme en sachant qu’une fois sur deux cette sacro-sainte majuscule est oubliée à l’écrit et, qu’à l’oral…on ne la voit pas vraiment la majuscule. Mais apparemment, puisque tout le monde le connaissait déjà sous ce nom, on ne voulait pas risquer de fâcher les personnes qui y étaient habituées… curieuse réflexion… je pense qu’on se serait toutes et tous habitué-e-s très rapidement à « Musée de l’Humanité ». Mais les actions symboliques, pourtant primordiales et incontournables pour changer les mentalités, sont loin d’être le point fort de la France. Passé cet obstacle pourtant vraiment difficile pour moi, je rentre avec un a priori forcément négatif. Heureusement cet a priori a été assez rapidement balayé.

Ce nouveau musée donc, a pour objectif la compréhension de l’évolution de l’Humanité (je remplacerai bien évidemment, pour ma part, dans cette chronique le mot « Homme-avec-la-majuscule » par Humanité, faut pas pousser non plus !) et des sociétés, en croisant les approches biologiques, sociales et culturelles. Il aborde aussi bien l’étude des périodes les plus anciennes que la période contemporaine qui questionne le devenir de l’Humanité. Le musée a choisi d’élaborer un parcours en trois temps : Qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Où allons-nous ?

Le parcours muséographique commence par explorer la nature humaine, à partir de différents aspects, en croisant les approches des sciences de la vie et des sciences humaines : le corps, la pensée, le langage, la vie en société. Et c’est ce premier parcours qui m’a redonné du baume au cœur lorsqu’en observant l’anatomie du sexe féminin l’une des légendes indique «Le clitoris quant à lui est le seul organe entièrement dédié au plaisir » ! Et oui, Mesdames, Messieurs, on ne le dit pas assez souvent, voire en fait on ne l’entend ou on ne le lit jamais, tout à fait, ce petit organe existant uniquement dans l’anatomie féminine sert au plaisir UNIQUEMENT. L’information ainsi lâchée doit faire pâlir et trembler les discours du plus naturaliste des naturalistes ! Oui, réfléchissons ensemble, si l’on considère que la femme, seul sexe à avoir la capacité d’enfanter, est par cette unique observation « faite » pour être mère comme cela est clamé haut et fort, par extension, elle est aussi le seul sexe à avoir un organe uniquement dédié à la jouissance et au plaisir… elle est donc aussi « faite » pour avoir du plaisir dans la sexualité et uniquement du plaisir. Une sexualité donc ayant pour seul et unique objectif le plaisir et non pas la procréation. Malheureusement une grande partie de l’Humanité s’est arrangée avec cette réalité pour tenter d’oublier, de faire taire et de nier cette partie anatomique féminine. Mais je m’égare… Il faut également souligner dans cette partie le soin apporté à faire ressortir l’importance voire la prédominance du culturel sur le biologique, mis en pratique par des jeux ludiques pour enfants et adultes.

La deuxième partie du parcours abordera le temps très long de notre histoire évolutive. Partir en quête de l’origine de notre espèce, Homo sapiens, est une autre façon de comprendre ce que nous sommes aujourd’hui et comment nous le sommes devenu.

La dernière partie est plutôt ancrée dans le contemporain. Elle fait le constat des impacts écologiques des activités humaines, des effets socio-culturels de la mondialisation, des marges d’adaptation de l’espèce humaine aux environnements qu’elle a elle-même contribué à créer. C’est une prise de position, en lien avec les engagements du Muséum national d’Histoire naturelle pour la préservation de la biodiversité, pour sensibiliser les publics aux enjeux de sauvegarde de la planète. On peut noter tout particulièrement un espace consacré aux problèmes liés à l’eau dans le monde. Et l’on sait à quel point ces problèmes et la problématique de l’eau concernent les femmes. Cet espace est clairement engagé et donc percutant, mais aussi esthétique et pertinent.

L’ensemble du musée propose de contempler, toucher, écouter, lire, sentir, jouer, participer… tous les sens sont mobilisés par la diversité des modes de présentation et des supports de médiation.

Je terminerais en écrivant un mot sur cette incroyable vidéo pédagogique et didactique expliquant l’impact de l’Humanité sur la planète des origines à nos jours. On en sort encore plus engagé-e-s et certain-e-s que le changement est entre nos mains.

- MG -