Germaine Krull, un destin de photographe

Germaine Krull, Un destin de photographe, Exposition au Jeu de Paume du 2 juin au 27 septembre 2015.

Personnage incontournable de la photographie, Germaine Krull (1897-1985) a un nom méconnu ou peu connu. Elle est pourtant l’une des figures les plus importantes de l’Histoire de la photographie notamment parce qu’elle est une pionnière du reportage photographique moderne et pour sa participation aux avant-gardes des années 1920/1940.

On ne connait pas grand-chose de sa vie, mais l’on devine qu’elle était une femme libre et engagée. Participant à la révolution spartakiste, elle est emprisonnée dans les geôles de Moscou et en ressort malade et déprimée. C’est à la suite de ces évènements qu’elle lance sa carrière de photographe. Elle commencera par photographier des femmes.

Sa carrière se situe essentiellement autour des années 30 à Paris. Même si Germaine Krull est citée dans les livres et reconnue par l’engeance du métier, le grand public la connait mal. Surtout, on n’a peu l’occasion de voir ses photos. Le Jeu de Paume lui rend hommage en ce moment avec plus de 130 photographies et documents exposés. Ces nombreux documents nous donnent d’ailleurs l’occasion de mettre en relation les tirages photographiques avec la raison pour laquelle elle les réalisait : la publication dans des magazines connus de l’époque (notamment le magazine Vu).

De nombreuses thématiques sont abordées dans l’exposition : Nus féminins, Fer et Métal, Mains, Route, Guerre… Elle propose une vision qui lui est propre avec une qualité de cadrage singulière donnant un résultat déconstruit et moderne. On note un vrai rapport de proximité à son sujet, sorte de point de vue naturel, notamment lorsqu’elle photographie des femmes, des sujets sociaux comme la série de reportage sur les Clochards en 1928 ou encore la très belle série consacrée aux Mains. Sur cette magnifique série, Sa collection de Mains par lesquelles elle était fascinée, Jean Cocteau écrira dans une lettre « j’ai compris combien elles [ses mains] me ressemblaient, bien plus qu’un visage ». Novatrice, elle s’illustre par l’édition de livres ou portfolios dont elle est l’unique auteure, activité rare à cette époque (entre autres : 100 x Paris - 1929, Etudes de nus - 1930, Marseille - 1935), que l’on peut découvrir tout au long de l’exposition.

Avec une scénographie bien construite, diversifiée, riche en supports, permettant également de découvrir en introduction de chaque nouvelle section un autoportrait de Germaine Krull, cette exposition est à découvrir sans attendre pendant la période estivale.

-MG-