2019...

Actualisation au 15 avril: 44 femmes ont été assassinées par leur conjoint ou leur ex, toujours dans l'indifférence (presque) générale.  

 Déjà un trimestre passé. 

En 3 mois, 39 femmes ont été assassinées par leur conjoint ou ex, en France*. Parfois avec leurs enfants, parfois devant leurs enfants. Dans tous les cas, cruellement. 39 femmes en 3 mois, cela fait une tous les deux joursDans l'immense majorité des cas, ce conjoint est un homme. 

Comme tous les ans, les féministes dénoncent, militent, s'insurgent, manifestent. Comme tous les ans, de jolies déclarations sont faites le 8 mars (tiens, cette année, le terme "féminicide" a été employé par le gouvernement, hourras). Comme tous les ans, rien ne sort de ces jolies déclarations: pas de moyens conséquents, pas de politique de prévention, pas de formation obligatoire, pas d'éducation à l'égalité, pas de lutte contre les fléaux quotidiens qui mènent doucement mais sûrement aux violence contre les femmes ("humour" sexiste, lesbophobie, minimisation des violences dans les médias, "culture" du porno, invisibilisation des femmes par la langue...) et pas de remise en cause des comportements masculins

A l'instar de Valérie Rey-Robert, qui s'interrogeait sur les changements induits par le mouvement #metoo**, ou OLF dans une tribune publiée en février dernier***, nous rappelons que la lutte pour l'égalité et contre les violences passe nécessairement par un changement radical des comportements individuels et collectifs des hommes. Le nier revient à nier la réalité des violences faites aux femmes.

Et alors... une fois le constat écrit, que fait-on chacun et chacune pour que les choses changent ? Il nous semble que le combat se gagnera en luttant dans notre quotidien, tout le temps, partout, ensemble. Combattre pour ne rien laisser passer en refusant à la fois la galanterie de notre voisin et la blague sexiste de notre collègue ; en boycottant à la fois les réalisateur/trice.s ou scénaristes qui véhiculent sexisme et violences contre les femmes mais aussi les marques et enseignes qui proposent des produits stéréotypés ; en accompagnant et encourageant les victimes de violence à parler ; en diffusant autour de nous les informations et chiffres sur les viols, féminicides et tout type de violences sexistes et sexuelles ou de domination ; en étant solidaire les unes des autres face à une violence quelle qu'elle soit ; en éduquant nos enfants dans l'égalité et en faisant des petites filles plus fortes et des petits garçons plus respectueux des femmes ; en dénonçant les hommes qui perpétuent ces violences. Bref, parce que comme Valérie Rey-Robert**** nous pensons que c'est le sexisme ambiant et quotidien qui asseoit la culture du viol et donc les passages à l'acte, il nous faut apprendre à ne rien laisser passer, partout, tout le temps, dans notre quotidien. Parce que c'est une des manières pour que les hommes changent de comportement envers les femmes. 

 

*source : @feminicidesfr. Pour rappel également, selon une étude de novembre 2018 de l'Organisation de l'ONU contre le crime et la drogue, le lieu le plus dangereux pour les femmes dans le monde est leur foyer: https://www.unodc.org/documents/data-and-analysis/GSH2018/GSH18_Gender-related_killing_of_women_and_girls.pdf

** http://www.crepegeorgette.com/2019/03/25/me-too/

***http://osezlefeminisme.fr/tribune-les-violences-masculines/

**** Dans son dernier livre "La culture du viol à la française. Du troussage de domestique à la liberté d'importuner" (février 2019)

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